L'Europe devrait encore céder aux craintes d'une guerre commerciale
information fournie par Zonebourse 20/01/2026 à 08:30
Vers 8h15, le contrat à terme sur l'indice CAC 40 - échéance février - recule encore de 61,5 points à 8 067 points, annonçant une poursuite du net mouvement baissier amorcé la veille.
Le marché parisien avait cédé 1,8% lundi pour achever la séance à 8112 points, la menace de Donald Trump de taxer les importations des pays s'opposant à son projet d'annexion du Groenland ayant ravivé les craintes de tensions commerciales à grande échelle dont les conséquences économiques pourraient s'avérer dévastatrices.
Baromètre de la nervosité des investisseurs, l'indice de volatilité VSTOXX de l'Euro STOXX 50 a bondi de 23% sur la seule journée d'hier.
Dans ce contexte morose, les stratégistes de Citi ont annoncé hier soir avoir décidé de ramener à "neutre" leur pondération en portefeuille des actions européennes, estimant que la perspective de surtaxes douanières compromet le scénario d'un fragile redressement de l'activité qui se profilait jusqu'ici sur le Vieux Continent cette année.
Le président américain a allumé hier soir un autre foyer potentiel d'inquiétudes en menaçant d'imposer une taxe de 200% sur les vins et champagnes français en raison du refus d'Emmanuel Macron de participer au "Conseil de la paix" promu par Washington en vue d'assurer la reconstruction de Gaza.
Les investisseurs devraient donc continuer à délaisser les actions en raison des craintes accrues de voir Bruxelles adopter à son tour des mesures protectionnistes à l'encontre des Etats-Unis.
Dans une note publiée hier, les équipes d'Edmond de Rothschild AM préviennent que cette séquence géopolitique difficile risque de se doubler d'un coût économique potentiel "non négligeable", de l'ordre de 0,2% à 0,5% de croissance selon l'intensité de la menace tarifaire.
"Les chiffres du commerce extérieur rappellent l'ampleur de l'interdépendance transatlantique: près de 870 milliards d'euros d'échanges annuels de biens entre l'Union européenne et les Etats-Unis", souligne Michaël Nizard, le responsable de la stratégie multi-actifs de la société de gestion parisienne.
"L'Europe affiche un large excédent sur les biens - environ 530 milliards d'euros d'exportations contre 335 milliards d'importations - tandis que les Etats-Unis dominent nettement les services", précise-t-il.
"Biens et services confondus, la relation reste globalement équilibrée, mais suffisamment massive pour qu'une escalade tarifaire ait des effets immédiats sur les chaînes industrielles, l'inflation et l'investissement", prévient l'analyste.
Dans ce climat d'aversion au risque, qui a aussi pénalisé les Bourses asiatiques, les investisseurs continuent de se replier vers les valeurs refuges comme l'or, qui grimpe de 2,4% à 4 719,2 points pour atteindre de nouveaux plus hauts historiques.
Le métal jaune ne se situe plus qu'à 6% de la barre des 5 000 dollars l'once, un objectif qui paraît de plus en plus crédible à moyen terme.
"Les métaux précieux devraient rester l'expression la plus claire du climat défensif qui domine les marchés en ce moment, tant qu'un chemin de négociations plus lisible ne se dessinera pas", explique Ahmad Assiri, stratégiste chez Pepperstone.
Les bons du Trésor européens jouent un peu moins leur rôle de valeur refuge dans ce contexte géopolitique troublé, puisqu'aucun d'arbitrage massif ne se matérialise au profit des Bunds allemands, dont le rendement du papier à dix ans recule à peine d'un point de base à 2,83% tandis que celui des OAT françaises se détend de 2,5 points à 3,41%.
L'aversion au risque ne pénalise pas plus l'euro, qui sort paradoxalement renforcé des tensions américano-européennes au sujet du Groënland en remontant aux abords de 1,1670 face au dollar.
Wall Street, à l'exemple des places européennes, est attendue en net repli mardi après son week-end prolongé du Martin Luther King Day, les investisseurs n'ayant plus trop le goût du risque face à la crainte d'un conflit commercial avec l'Europe, ce qui devrait freiner les velléités de poursuite du mouvement de hausse des dernières semaines.
A ce stade de la journée, les "futures" sur les principaux indices new-yorkais abandonnent entre 1,2% et 1,5%.
Les craintes d'une persistance des tensions commerciales pourraient ainsi prendre le pas sur la période de publication des résultats de sociétés trimestriels, qui va s'accélérer aujourd'hui avec les comptes de 3M prévus à la mi-journée, puis ceux de Netflix attendus dans la soirée.
Le dossier des tensions commerciales devrait aussi reléguer à l'arrière-plan les statistiques du jour, comme l'indice ZEW mesurant le moral des investisseurs et analystes allemands, généralement scruté afin de détecter tout signe de reprise économique Outre-Rhin.
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